
Environnement et psychologie de groupe #2
April 24, 2026L’environnement comme outil de facilitation
Voici une courte note à l’intention de tous les curieux de l’environnement comme outil de facilitation. J’ai voulu ici reprendre en quelques mots les bases, les concepts fondamentaux sur lesquels chacun brodera des motifs plus personnels.
Un workshop collaboratif est généralement construit autour de 3 phases. L’exploration, l’alignement sur les opportunités et la construction d’un modèle. Ces trois temps, très différents de nature, doivent être supportés de manière spécifique par l’environnement pour exploiter le plein potentiel du groupe.

credit: Andi Roberts
Temps 1 – L’exploration : C’est le temps de l’imagination, de la créativité, où l’on doit se projeter vers d’autres horizons. Il est souvent situé en début d’atelier, c’est donc aussi un moment où le groupe se découvre, où chacun a besoin de partager ses craintes et ses espoirs. Dans ces deux cas, tant pour favoriser les échanges que l’effet miroir, on favorisera une configuration ouverte, où les regards se croisent. On pourra tourner les espaces vers l’intérieur pour créer un forum et favoriser les déplacements.
Temps 2 – L’alignement : Construire une vision passe par l’alternance de travaux en petits groupes et des temps de partage en commun. Le sentiment est ici à l’urgence, les sujets à traiter sont nombreux, il n’y a donc pas de temps à perdre. Les participants doivent trouver leur espace de travail prêt et vite. L’équipe de facilitation aura donc fort à faire pour toujours s’assurer que tout est parfaitement organisé pour le module à venir. On fermera cette fois les espaces de travail pour privilégier la concentration.
Temps 3 – La construction : À ce stade, les participants sont les maîtres du workshop. Tous savent ce qui leur reste à accomplir, mais le temps est compté et l’excitation (mêlée parfois à une touche d’angoisse) est donc au plus haut. En général, on assiste à une multiplication de petits groupes souvent éphémères. Le temps de résoudre une complexité et on passe à une autre. Pour être le plus flexible possible, je recommande de passer la main aux participants car, à ce moment précis, nul ne sait mieux qu’eux ce dont ils ont besoin et tout change très vite. Ils ont maintenant l’expérience du mobilier, restez juste à disposition pour les assister si besoin.
En parallèle, il est important d’écrire leur épopée, la fresque qui retrace les grandes étapes de leur aventure commune. Quand l’effervescence retombera, que chacun, épuisé, redescendra de son nuage, il sera important de contempler ensemble le chemin parcouru pour se rendre compte de ce que le groupe a accompli.
À vos espaces et bonne facilitation!
Pour en savoir plus sur l’environnement comme levier de facilitation, vous pouvez consulter mes deux autres articles :
Environnement et psychologie de groupe #1
Environnement et psychologie de groupe #2

