
L’environnement comme outil de facilitation
April 25, 2026L’espace de travail et le renforcement des biais hiérarchiques.
Les workshops collaboratifs sont, de manière générale, construits sur l’alternance de temps de travail en sous-groupes puis de partage et d’alignement.
Cela se traduit par une organisation spatiale composée de break-outs dimensionnés pour entre 6 et 8 personnes, associés à une plénière pouvant accueillir l’intégralité du groupe. Le sujet qui nous intéresse aujourd’hui est l’impact sur les participants de la configuration en break-out.
Ce dispositif, d’apparence anodine tant il est systématiquement utilisé par les équipes de facilitation, induit pourtant des biais comportementaux. Dans sa structure, il s’agit essentiellement d’un espace composé de chaises, parfois en demi-cercle, faisant face à une surface d’écriture. Quand les participants y pénètrent, ils prennent quelques minutes pour lire la consigne et s’asseyent.
C’est ici, pendant les quelques secondes qui suivent, que tout se joue. Car chacun réalise très vite qu’une personne va devoir se dévouer pour prendre en note la discussion qui va suivre. Au petit jeu des regards et des non-dits, se lève, en général, la personne la plus basse dans l’ordre hiérarchique mais aussi, bien souvent, les femmes.
Ce n’est pas systématique et je dirais que les statistiques s’améliorent depuis ces 25 ans que je design des espaces collaboratifs mais, tout de même, cette configuration induit, presque inévitablement, un rapport de force, le pérennisant ainsi dans la culture plus ou moins subconsciente du groupe.
Alors que faire ? Voici quelques alternatives à explorer :
– La table Velleda : En plaçant les participants autour d’une table, ceux-ci se trouvent littéralement au même niveau et on annule ainsi l’opposition entre ceux qui étaient assis et celui ou celle qui devait se tenir debout. Par ailleurs, chacun peut, sans effort, se saisir d’un marqueur et coucher les bonnes idées qui ne manqueront pas de jaillir.

– Laisser l’environnement à la main des participants : Si ce n’est pas toujours la garantie des configurations les plus efficaces, cela a l’intérêt de nous sortir de nos dogmes. Ce sont des participants qui, un jour, échappant à ma surveillance toujours bienveillante, construisirent une table Velleda, forçant du même coup une pénible remise en question.
C’est une pratique qui se fait déjà sur des ateliers de plusieurs jours où les participants atteignent un niveau d’autonomie suffisant. Mais peut-être faudrait-il renforcer cette pratique et l’intégrer à une réflexion plus globale. Cela générerait sans aucun doute des moments gentiment chaotiques, de ceux qui produisent parfois de grandes idées.
Pour en savoir plus sur l’environnement comme levier de facilitation, vous pouvez consulter mes autres articles :
Environnement et psychologie de groupe #1
Environnement et psychologie de groupe #2

