Le vidéo mapping comme support d'affichage
Lors d’événements de grande taille, un enjeu de diffusion de l’information se pose systématiquement à l’équipe. En effet, comment collecter et trier un volume d’informations important et le rendre visible par tous, en dépit des challenges liés à la taille de la foule ?
Il y a quelques années, nous avions tenté d’apporter une réponse à cette question, mais je n’avais jamais pris la peine d’en partager les détails. Je vais donc essayer aujourd’hui d’en restituer le cheminement ainsi que nos conclusions et ce, je l’espère, sans trop vous ennuyer.
Sur les événements que nous facilitons, les équipes font traditionnellement appel à des scribers pour la sélection et la mise en valeur des contenus importants, leur nombre augmentant proportionnellement avec la taille du groupe. Mais cette solution présente des points faibles. Le scribing est un processus lent, limité en termes de bande passante, mais aussi et surtout, il n’est pas modifiable. La fresque se construit de façon chronologique, sans possibilité de reconfiguration ou de changement de thème.
Pour pallier cela, nous avions décidé d’utiliser la vidéo, qui permettait un affichage sur 4 ou 5 mètres de large, donc à l’échelle de notre session. Par ailleurs, il était facile et rapide de capturer les citations importantes sur nos ordinateurs, plusieurs personnes pouvaient travailler en parallèle sur le même fichier, lequel était facilement modifiable si nécessaire.
Si le choix de la projection vidéo nous semblait donc plein de promesses, il fallait quand même admettre que, visuellement, ce n’était pas très excitant. Même avec un joli template, cela restait affreusement "plat".
C’est ainsi que nous sommes arrivés au concept de vidéo-mapping. Vous avez certainement déjà vu ou entendu parler du vidéo-mapping. Il s'agit de projeter une vidéo sur une surface en 3D. Ces "surfaces" sont souvent des bâtiments, comme des églises ou des monuments historiques. Tout l'intérêt de cette technique réside dans le dialogue entre cette surface immobile, porteuse de sa propre histoire, et la narration vivante de la vidéo.
Il est rare que nous fassions nos workshops dans des bâtiments historiques, mais nous pouvons utiliser tout autre type de volume. Dans notre cas, nous avions utilisé des cubes Tetrix. Voici quelques exemples de ce qu’il est possible de faire avec le vidéo-mapping et quelques cubes :
https://www.youtube.com/watch?v=YeMjq-9XRTQ&t=5s
https://www.youtube.com/watch?v=OrQUdTT6BHQ
Le concept était ambitieux : construire un totem central, assez haut pour que le contenu qui y serait projeté soit visible par tous, même avec des personnes debout devant, le tout sur 360 degrés. Bref, c’était une idée splendide et pleine de promesses. Maintenant, passons à la réalité de l’exécution.
Si nous avions le concept, il nous avait été impossible de le préparer en amont. Or, nous réalisâmes bientôt le défi technique qui nous attendait... Le calibrage des vidéoprojecteurs est délicat et prend du temps, tout comme la découverte des logiciels, forcément spécialisés. Enfin, si vous voulez projeter de loin pour ne pas gêner la circulation des participants, vous avez besoin de matériel très puissant et donc assez spécifique, qui n’était pas disponible sur place.
Il faut bien admettre que ces quelques déconvenues avaient légèrement entamé notre enthousiasme. Il fut donc décidé que nous ferions, au nom de la science et du co-design, une version réduite avec, en plus, un knowledge wall "à l’ancienne", si j’ose dire.
Voici quelques secondes de ce premier essai, réalisé par Arezki Moussi, au débotté, sans expérience de cette technologie et seulement armé de son génie créatif.
S’il fallait en retenir quelque chose : il me semble que le potentiel d'émerveillement de cette technique reste intact, mais il faut bien l’admettre, l’exécution reste compliquée. Dans l’idéal, il faudrait dessiner en 3D le totem (ce qui, avec des cubes, est facile) et configurer le logiciel en amont pour n’avoir, le jour J, "que" à installer les projecteurs. Toutes les animations peuvent être préparées à l’avance, laissant à l’équipe le soin de remplir les vides pendant la session.
Bref, nous avons expérimenté, fait avancer la science du petit monde des sessions collaboratives, et j’espère que d’autres équipes après nous construiront sur notre expérience et feront plus grand et plus beau.
Il existe des professionnels du 3D mapping en France, donc si vous voulez émerveiller vos participants avec un set-up hors du commun... Vous avez votre prochaine idée !