
Environnement et psychologie de groupe #1
April 24, 2026
L’environnement comme outil de facilitation
April 25, 2026Environnement et psychologie de groupe #2
Une fois la porte franchie, son badge épinglé, son nom dûment émargé, quels comportements, quel état d’esprit souhaite-t-on voir chez le participant et comment l’espace peut-il y contribuer ?
Si chaque atelier est différent et poursuit des objectifs propres, il me semble qu’il existe malgré tout un socle commun. Au-delà de trouver la solution à un problème précis, ce qui importe c’est aussi et surtout de faire émerger une vision portée par un collectif et de créer une fierté authentique qui perdurera.
Or la fierté est un sentiment très directement corrélé à l’implication de la personne ou du groupe dans la poursuite de ses objectifs. Il faut donc que nos participants s’engagent, osent, prennent des risques, ils doivent s’approprier le lieu et le moment. Sans ça, pas de fierté ni de souvenirs qui marquent, de ceux qui font la légende et qu’on rappelle des années après.
Pour faciliter l’émergence d’un état d’esprit volontaire, l’environnement doit répondre à deux critères :
– Il doit en premier lieu être pensé pour la collaboration. Cela semble aller de soi mais c’est bien malheureusement loin d’être la norme. Sans entrer dans les détails, 50 ans de recherche académique validée par le terrain nous ont appris qu’il fallait de petits espaces de travail car on est peu efficace au-delà de huit personnes, associés à un lieu de partage où l’on se retrouve pour que chacun soit témoin de la transformation du groupe en équipe.
Le mobilier doit être mobile de manière à pouvoir rapidement changer de configuration.
La dynamique de groupe change tout au long de l’atelier et l’espace doit donc pouvoir s’y adapter à chaque instant.
– La deuxième condition est de faire en sorte que les participants s’approprient le lieu. Ils doivent en comprendre le potentiel et exploiter tout ce qu’il a à offrir. Il faut qu’ils se sentent libres de bouger les murs, d’en ajouter, d’écrire par terre quand l’idée jaillit. Il faut donc éviter les espaces trop parfaits où on aurait l’impression de pénétrer dans le hall d’un hôtel ou d’un showroom, décors rigides et creux où l’on doit surtout ne toucher à rien.

Laisser l’environnement à la main des participants leur permet de construire l’espace dont ils ont besoin quand ils en ont besoin.
Cela évite aussi l’écueil idéologique où l’équipe de facilitation, dans son très grand professionnalisme, reproduit à la perfection depuis 20 ans, le même set-up, alors même que les outils, les pratiques et les participants ont changé.
Ce qui a pu être vrai dans les années 90 ne l’est plus forcément.
Personnellement, j’aime pousser le raisonnement de l’espace utilitaire encore un peu plus loin.
C’est pour cette raison que j’ai un faible pour les lieux industriels, les hangars, les entrepôts, les grands espaces vides un peu austères. Ils sont autant de canevas vierges qui invitent à l’écriture de sa propre histoire.
Pour en savoir plus sur l’environnement comme levier de facilitation, vous pouvez consulter mes deux autres articles :
Environnement et psychologie de groupe #1

